29/07/2009
Langue celtique
Le breton est une langue celtique, de même souche que le gallois (brittonique) et cousine du gaélique parlé, avec diverses variantes, par les Irlandais et les Écossais. Dans plusieurs régions de Bretagne, les personnes de certaines générations parlent encore couramment le breton entre elles.
L’attachement à leur langue démontré par les Bretons a amené les autorités à bilinguiser (breton et français) parfois les noms de lieux. Dans certaines localités, toutes les indications de ressort municipal sont même formulées dans les deux langues.
À force de revendications, la population a obtenu que la langue bretonne soit non seulement enseignée, mais que les étudiants puissent passer certains examens en breton.
Il y a une trentaine d’années, comme les autorités politiques centrales françaises ne réagissaient pas à leur demande, des militants ont créé une association, Diwan, qui a mis sur pied des écoles maternelles pratiquant l’immersion en langue bretonne.
Depuis, les écoles Diwan, Dihun, Div Yezh, essaimé à travers la Bretagne, ce qui a entraîné un renouveau de la langue ancestrale.
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27/07/2009
Christophe Le Mével, le p'tit gars de Lannion
Christophe Le Mével. Enfin son Tour !
Christophe Le Mével, le p'tit gars de Lannion, s'est donc classé 10e du Tour de France. Le grand public le découvre mais, pour le petit monde du vélo, ce n'est pas vraiment une surprise.
Christophe Le Mével ne se fait pas prier pour raconter l'anecdote. «Eddy Merckx était venu à Lannion pour la présentation du Tour de France qui arrivait chez nous, je ne sais plus quelle année (NDLR: c'était en 1995). J'avais envie de le voir mais je ne le connaissais que de nom, je ne savais pas quelle tête il avait. Je vois un gros monsieur à l'entrée d'une salle et je lui demande: ?Excusez-moi, il paraît qu'Eddy Merckx est là. Vous savez où il est ?? Il me répond: ?Mais, Eddy Merckx, c'est moi?.» Christophe tente alors une imitation de l'accent belge. Bon, on ne lui fera pas injure en révélant qu'il est bien meilleur coureur qu'imitateur... Christophe avait alors 15 ans et était loin de penser qu'un jour il se classerait 10edu Tour de France. Sa passion de l'époque, c'était le VTT.
Vainqueur sur la roue arrière
«Ça lui était venu par hasard», raconte Daniel, son père. «Chez nous, on est surtout moto. Moi, j'en suis à ma 35e... Mais, un jour, j'ai vu un VTT dans un magasin. J'ai trouvé ça joli. J'en ai acheté deux, un pour Christophe, un pour moi.» Un soupçon casse-cou (comme papa), le fiston devient très vite un des as régionaux de la discipline, au Vélo Vert Lannion, le club dirigé par Didier Le Saux. «Pour lui faire acquérir davantage de fond, je lui ai suggéré de faire de la route. Et là, j'ai très vite vu qu'il était très doué», raconte le marchand de cycles de Lannion, qui fut l'un des meilleurs amateurs bretons. Aujourd'hui encore, il se marre en se souvenant des frasques de Christophe. «Sur route, il avait gardé ses habitudes du VTT. Je me souviens d'une course de juniors à Plouaret où, en plein sprint, il avait soulevé sa roue avant. Ce jour-là, il avait gagné en franchissant la ligne sur la roue arrière. Les commissaires, un peu vieux jeu, avaient même failli le déclasser.» Ce n'était pas qu'un joyeux luron, c'était aussi un excellent grimpeur, déjà très courageux, qui devint très vite un abonné des équipes de France juniors et espoirs. «Mais c'est seulement en espoirs, quand j'étais dans l'équipe Jean-Floc'h, que j'ai commencé à me dire que ce serait bien d'être professionnel.»
Nerf sciatique sectionné
Le rêve commença à prendre forme en 2001 quand il intégra le Crédit Agricole espoirs, qui évoluait dans la 3edivision pro de l'époque. C'était la réserve de l'équipe première qui, le garçon ayant transformé l'essai, l'embaucha la saison suivante. «Là, je devenais un vrai pro. Mais, au bout de quatre mois, j'ai cru que c'était déjà terminé. Définitivement terminé.» Il faut savoir qu'en mai2002, aux Quatre Jours de Dunkerque, il fut victime d'une chute terrible. Rien que de l'écrire, ça fait mal: il eut le nerf sciatique gauche sectionné. La cicatrice est toujours là pour en témoigner... «Sur le coup, je ne pensais même plus au cyclisme. Mon seul but, c'était de pouvoir remarcher. Mais, grâce au docteur Armand Mégret, j'ai repris espoir. C'est lui qui a assuré ma rééducation. Il m'a même remis sur le vélo avant que je puisse marcher.» La saison suivante, le Lannionnais était redevenu coureur cycliste et il mit même un point d'honneur à s'aligner, dès janvier, dans le Tour du Qatar. Où il attaqua au kilomètre 0!
Giro: une étape et Laura...
Depuis, Le Mével a patiemment gravi les échelons. Meilleur grimpeur du Tour de l'Avenir en 2003, 3ede cette même épreuve en 2004, il a signé sa première (et seule, pour l'instant...) victoire pro en 2005. C'était dans le Tour d'Italie, à Varazze, où, à 1.500 mètres de l'arrivée, il faussa compagnie à ses cinq compagnons d'échappée. Quelques jours plus tôt, il avait rencontré Laura, une belle Italienne, devenue aujourd'hui son épouse. «Ce fut un coup de foudre», raconte Laura, qui ne se fait pas prier pour parler de «son» Christophe. «Ses passions? La moto et la musique, des groupes américains un peu spéciaux. Sa qualité majeure? Sa gentillesse. Il est très généreux, trop peut-être. Il pense toujours aux autres avant de penser à lui-même. Ces derniers temps, il avait très peur de perdre sa place dans les dix premiers du Tour. Mais c'était, avant tout, pour ne pas faire de peine à tous ceux qui croient en lui. Il est très drôle aussi. C'est toujours lui qui fait rigoler tout notre petit cercle d'amis, ici à Saint-Laurent-du-Var.» Le nom est lâché... Pour se rapprocher de l'Italie de Laura et bénéficier de meilleures conditions d'entraînement, les Le Mével ont mis leur maison de Trédrez-Locquémeau en location et vivent aux portes de Nice.
Résistant et courageux
Mais le fils de Patricia et Daniel ne renie jamais ses racines bretonnes. C'est bien un Breton pur beurre qui s'est classé 10ede son quatrième Tour de France. En 2006, 2007 et 2008, il était avant tout au service de Thör Hushovd, le sprinter du Crédit Agricole, sans que ça l'empêche de démontrer qu'il était doté d'une résistance et d'un courage hors du commun. En 2007, il se serait sans doute classé premier Français du Tour si une fracture de la clavicule ne l'avait pas renvoyé à la maison en début de troisième semaine. «Mais être premier Français et trentième, c'est nul», avait-il déclaré la veille de son abandon. Cette fois, il est premier Français et dixième. Ce n'est pas rien. Et surtout pas une surprise. A La Française des Jeux (voir ci-dessous) où il évolue depuis le début de la saison, il a laissé sa livrée de domestique (en breton, ça se dit Mével...) aux vestiaires. Cette année, c'était enfin son Tour. Il ne l'a pas laissé passer.
Du Crédit Agricole à la Française des Jeux
Au Crédit Agricole depuis ses débuts pros, LeMével a pris une nouvelle dimension en signant, cette saison, à La Française des Jeux. Passé du statut d'équipier au Crédit Agricole à celui d'homme libre chez Madiot, Le Mével n'a pas déçu. 10ede Paris-Nice et du Dauphiné, 12edu Tour de Catalogne, ça vous classe un coureur et ça augurait d'un bon Tour. «Je visais une place dans les 20 premiers, dans les 15 au mieux. Dans les 10, c'est venu après mon échappée de Besançon.» Ce jour-là, il avait acquis un bonus de cinq minutes (sinon, il aurait été 14e...) mais ses places à Verbier (15e), Bourg-Saint-Maurice (17e), au Grand-Bornand (11e), à Aubenas (9e) et au Ventoux (15e), le tout en dernière semaine, prouvent que son classement ne doit rien au hasard. Sa liberté de manoeuvre est une raison de ses bons résultats, ses méthodes d'entraînement aussi. «Avant, quand j'avais fait mes cinq heures de vélo, je croyais m'être bien entraîné. Maintenant, grâce aux conseils de Frédéric Grappe, je fais davantage d'intensité. J'ai aussi bossé en soufflerie et ça a amélioré mes résultats contre la montre. Mais, il y a encore du travail et Grappe m'a dit que j'avais toujours une grosse marge de progression, dans tous les domaines.»
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26/07/2009
L'écho de toutes les musiques du monde

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C'est un étonnant paradoxe : alors que la Bretagne reste imprégnée d'une musique locale traditionnelle avec ses instruments folkloriques comme la bombarde ou la harpe celtique mais aussi ses formations appelées bagadoù, ses danses en suite comme la gavotte et ses fameux fest-noz, elle est aussi la plus ouverte au monde. Au point qu'elle en devient un véritable point de rencontres des musiques européennes mais aussi internationales dont le point d'orgue se situe l'été. Concerts et festivals s'enchaînent sans aucune exclusive en termes de genres - rock, folk, jazz, électronique, classique, hip-hop, chants -, mais expriment un même souci de qualité dans la programmation.
Comment la région passe-t-elle ainsi d'une musique locale - qui n'a jamais été aussi vivante - à la création de cette insolite tour de Babel musicale, que lui envient nombre d'autres terroirs ? Le phénomène tient d'abord à la puissance d'influence mondiale de la musique celtique (Ecosse, Irlande, île de Man, Cornouailles, pays de Galles, Bretagne, Asturies, Galice) qui a essaimé, via les colons, jusqu'aux Etats-Unis, à l'Australie ou au Canada... Sans doute que rien n'aurait été possible sans le spectaculaire succès, depuis trente-neuf ans, d'un festival international dédié - le fameux Festival interceltique de Lorient, qui s'ouvrira le 31 juillet prochain - et le travail incessant du compositeur et musicien Alan Stivell, qui, dans les années 70, a réussi un triple tour de force : faire connaître la musique bretonne dans toutes les capitales, l'ancrer dans une culture celtique qui transcende les frontières et, en même temps, l'enrichir de tous les instruments (guitare électrique notamment) et influences du monde : jazz, musique africaine, etc.
Sur ce terrain culturel idéal, qui associe ancrage territorial et métissage de rythmes et de sons venus d'ailleurs, la vocation maritime et la puissance des infrastructures touristiques ont pu jouer à plein pour faire de la région le plus puissant pôle estival d'attraction et d'animation musicale de France. Les événements sont innombrables. Le Festival interceltique de Lorient reste incontournable, mais ne fait pas oublier celui du Chant de marin de Paimpol, les 25 festivals de musique classique, dont le très prestigieux Festival de musique classiquede Dinard, la Route du rock de Saint-Malo, l'Astropolis de Brest (techno), les Escales de Saint-Nazaire pour la world music (que fête aussi la presqu'île de Crozon avec son Festival du Bout du monde du 31 juillet au 2 août), le Festival de country à Bain-de-Bretagne (du 13 au 16 août) ainsi que celui de folk à Plozévet (du 13 au 19 août) ou les concerts symphoniques de Pontivy (3 juillet-20 août), ainsi que le jazz à Vannes (28 juillet au 1er août).
Sans oublier quelques événements typés comme le championnat des sonneurs à Gourin ou le festival Lyrique en mer de Belle-Ile-en-Mer (jusqu'au 14 août).
En bref, que l'on soit rockeur dans l'âme, passionné de musique de chambre, raver inconditionnel ou amoureux du biniou kozh, chacun - et la performance n'est pas anodine - peut trouver sur le sol breton son eldorado musical.
04:39 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, musiques, monde
25/07/2009
Le sarrazin, verson Breizh
Après le chirashi super sain et les bentos kawaii, la cuisine japonaise abat une nouvelle carte : le sarrasin. Bourrée d’atouts santé, la petite graine a convaincu le tout Hollywood en un rien de temps. Mais c’est vite oublier que, depuis des centaines d’années, le blé noir est aussi un pilier de la gastronomie bretonne.
Valérie Orsini, coach des stars, le dit haut et fort sur son profil Facebook : sa nouvelle boisson miracle, c’est le soba-cha. Venu du Japon, ce thé de sarrasin est en réalité une infusion à base de blé noir torréfié ; sans caféine, elle se sirote toute la journée et draine l’organisme. Et la coach d’en remettre une louche : « au petit déjeuner, rien de meilleur qu’un porridge au sarrasin. » Si l’idée n’enchante pas les papilles au premier abord, les arguments santé sont de taille : pseudo céréale au même titre que le quinoa, le sarrasin est en fait un cousin de la rhubarbe. Exempt de gluten, il convient donc aux allergiques et cumule les propriétés hautement nutritives et antioxydantes.
Les Japonais le savent depuis longtemps. Là-bas, c’est sous forme de nouilles, les sobas, que l’on mange le sarrasin depuis des siècles. Sa culture aurait débuté en Chine bien avant notre ère. Passée par la Russie, où elle est consommée décortiquée et rôtie sous le nom de Kacha, la petite graine est arrivée en France au Moyen-Âge. Enfin, a priori, car « au sujet du sarrasin, on n’est certain de rien : la plupart des sources parlent du XVe siècle, d’autres préfèrent le XIXe ! » s’amuse Sylvie Ferdinand, auteur de Petites histoires de cuisine bretonne. (1)
(1) Petites histoires de cuisine bretonne de Sylvie Ferdinand aux éditions Terre de Brume, 95 p., 4,75 €.
18:39 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, bretonne, sarrazin
24/07/2009
Voyage dans les paradis secrets de la Bretagne
11:17 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22/07/2009
Le sentiment des Flamands vis-à-vis des étrangers évolue peu
Un quart des Flamands estime que les migrants contribuent à la prospérité de la communauté mais une proportion importante de néerlandophones reste très mitigée à leur égard.
Près d'un tiers d'entre eux est notamment négatif, voire très négatif vis-à-vis des musulmans. L'attitude des Flamands par rapport aux étrangers ne souffre pas de grandes évolutions. Les Indicateurs Régionaux Flamands prennent chaque année le pouls de la population du nord du pays dans sa relations aux migrants. Selon le rapport 2009 des indicateurs, le nombre d'étrangers a augmenté de 30% en Flandre depuis 2002, atteignant 5,8% de la population. Le rapport ne laisse pas entrevoir de grands changements de comportement dans le chef des néerlandophones vis-à-vis de la population immigrée, en comparaison avec les années précédentes. (HIE)
19:46 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : flamands, migrants, étrangers, communauté, néerlandophones
21/07/2009
Lavrec

L’île Lavrec est située à l’est de l’île de Bréhat dans l’archipel de Bréhat. Elle est connue pour avoir été le lieu de fondation du premier monastère, dont il ne reste actuellement que quelques ruines, de la Bretagne armoricaine. C’est le moine Budoc, venu de Grande-Bretagne, qui en fut l’initiateur au Ve siècle. Budoc découvrit sur l’île les ruines d'une villa gallo-romaine construite dans la première partie du IVe siècle (trois médailles romaines, un petit bronze de Crispus, fils de Constantin Ier, et deux autres de Constantin II y furent retrouvées). L’île, dont la superficie est d'environ 10 ha, est aujourd’hui inhabitée. Les ronces l’ont envahie. Elle a récemment été vendue à un particulier et a donc pris le statut d'île privée.
05:24 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18/07/2009
Pourquoi le collectif "Plaques bretonnes 44"
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En avril 2009, les Bretons ont obtenu le droit d'utiliser officiellement leur drapeau, le Gwenn-ha-Du, sur les plaques d'immatriculation des véhicules automobiles. Néanmoins, tous les Bretons n'y ont pas accès. En effet, les habitants de Loire-Atlantique, s'ils veulent utiliser le numéro de leur département, le 44, devront mettre le logo de la région qui les a annexé, à savoir les "Pays de la Loire".
Ainsi, on interdit sans justification l'utilisation du drapeau breton par des Bretons ! Il s'agit encore d'une des incohérences de la partition de la Bretagne.
Le collectif "Plaques bretonnes 44" qui réunit les Bretons attachés à l'intégrité historique, géographique et humaine de la Bretagne a imprimé des autocollants 44 / drapeau breton. Ces autocollants sont distribués gratuitement...
05:32 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
17/07/2009
Bretagne Elections Régionales 2010: Bernadette Malgorn s'engage
Claude Guillemain Nous devons forger en ce début de XXIe siècle un nouveau modèle économique breton, un modèle de développement durable qui viendra relayer celui qui a fait si brillamment décoller la Bretagne au siècle dernier... Il y a un avenir pour notre agriculture. Il y a un avenir pour la langue et la culture bretonne ouvertes sur le monde. Et la mer dessine également un avenir pour la Bretagne.
http://www.breizh-2004.org/
07:24 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09/07/2009
"L'éclatement de la Belgique, c'est le scénario du chaos"
Chef du gouvernement belge depuis sept mois, le chrétien-démocrate flamand Herman Van Rompuy, qui dirige une coalition de cinq partis, est parvenu à ramener un peu de sérénité dans son pays après la crise politique commencée en juin 2007. Mais la situation du royaume reste complexe et nécessitera tout le doigté de cet homme prudent.
L'Europe s'est beaucoup inquiétée face à la crise belge de 2007. Vous pouvez, aujourd'hui, rassurer vos partenaires ?
La crise a été longue, mais ceux qui connaissent ce pays savent qu'à différentes périodes de notre histoire récente il a fallu plusieurs années de négociations pour réformer sa Constitution. Par ailleurs, les Belges ne réalisent pas toujours que la présence, à Bruxelles, des institutions communautaires et de centaines de journalistes étrangers crée un "effet de loupe" qui amplifie leurs difficultés. D'autant que ces journalistes ne s'informent souvent que par la presse francophone, ce qui peut entraîner des jugements trop unilatéraux. L'émission "Bye Bye Belgium", qui annonçait l'éclatement du pays, a également joué un rôle.
Aujourd'hui, la crise économique et financière a éclipsé l'agenda institutionnel, ce qui ne signifie toutefois pas que les problèmes ont disparu. Mais les questions de l'économie, de l'emploi, de l'épargne s'imposent désormais, même en Flandre, où le nouveau gouvernement régional en formation va affronter une situation difficile.
On dit que la Belgique est un mini-laboratoire de l'Europe : deux cultures y cohabitent, les plus riches aident les moins nantis. C'est pour cela qu'elle intéresse tellement ?
Je ne raisonne pas comme cela. Mais je note, en tout cas, que la construction européenne est, elle aussi, un processus lent et complexe : cinq nouveaux traités en dix-huit ans. En ce qui me concerne, je veux aborder les problèmes politiques un par un. Et le conflit autour du sort de l'arrondissement de Bruxelles et de sa périphérie sera évoqué au printemps 2010. C'est un symbole, et les symboles sont les thèmes les plus difficiles à régler.
Il reste, en Belgique, une volonté de vivre ensemble ?
Bien sûr ! Il y a, en Flandre, une majorité de partis qui réclament plus de pouvoirs pour les régions et les communautés, et un déplacement du centre de gravité politique, mais ils ne s'inscrivent pas dans un processus de rupture. L'éclatement de la Belgique, c'est le scénario du chaos, de l'aventure et de l'appauvrissement, sans solution pour Bruxelles et la question de la frontière linguistique. Le fédéralisme basé sur la coopération entre les régions, et non sur la confrontation, c'est la sauvegarde du bien-être des gens. Ce qu'il faut faire, aux niveaux belge et européen, c'est endiguer les particularismes et les populismes, les plus grands dangers qui nous menacent.
Les scores additionnés des formations autonomistes et séparatistes flamandes laissent entendre que 40 % des Flamands au moins veulent une rupture...
Ne caricaturons pas. On peut voter pour un parti séparatiste sans l'être soi-même. Le noyau dur des séparatistes n'a pas évolué depuis trente ans.
Les Francophones vous semblent prêts à dialoguer, désormais ?
Je constate plus d'ouverture de leur côté, mais des évolutions sont encore nécessaires. J'entends pour ma part amplifier la compréhension mutuelle.
Vous avez fait du dossier des sans-papiers une priorité. La Belgique va vers une opération de régularisation collective ?
Non. Elle l'a réalisée en 2001. Nous allons exécuter notre accord gouvernemental en tenant compte des aspects humanitaires, de la durée du séjour et de l'ancrage local des personnes concernées. Nous éviterons tout "appel d'air", il nous reste à trouver le point d'équilibre.
Revenons à l'Europe : José Manuel Barroso reste votre candidat ?
Il est soutenu par les Vingt-Sept et je suis rallié au consensus général. Désormais, l'Europe a besoin du traité de Lisbonne, d'une gestion plus souple et d'une entente renouvelée entre les "Grands", même s'ils ne doivent s'arroger aucun monopole. Le Conseil doit, désormais, proposer la candidature de Barroso en bonne et due forme, conformément au traité. Le Parlement usera ensuite de ses prérogatives. Si un candidat ne ralliait pas une majorité de l'assemblée, on irait vers une crise des institutions.
Imaginez-vous une candidature alternative, même issue du Parti populaire européen, après un vote négatif du Parlement ? Les rivaux se bousculent quand s'ouvre une période de vide.
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